Une émotion qui empêcherait d’avancer ?

IMPORTANT :

  • Je suis fan d’un podcast qui s’appelle Emotions (Source à la fin de cet article). Parce que cela m’aide beaucoup à écrire et à faire des fiches recap pour mémoriser, je me permets de retranscrire ici mes notes, d’après mon écoute d’une de leurs émissions
  • Cet article est la suite d’un autre article faisant le résumé du Podcast de Louie Media sur l’espoir : Une émotion qui aide à avancer

La nostalgie : est-elle vraiment un frein pour avancer ?

C’est ce Sarah-Lou Lepers, dans ce podcast de Louie media, cherche à répondre. Voici un résumé de ce que j’ai compris.


Les fêtes de fin d’années sont souvent, des moments pleins de souvenirs plus ou moins agréables. Ces souvenirs ont en commun, de nous rendre nostalgique.

Mais pourquoi nous arrive t-il de nous accrocher si fortement à certains moments de nos vies pourtant bien révolus ?

Sarah-Lou Lepers, auteure et journaliste, a beaucoup travaillé sur ce sujet. Elle pense à ses grands-parents qui lui ont souvent dit :  » C’était mieux avant « . Elle a eu la chance de les connaître tous les 4 et d’avoir pu tisser des liens jusqu’à ses 20 ans. Ils ont souvent débattus ensemble (politique, culture …) et ils étaient rarement d’accord, voire se fâcher beaucoup.

Ce qui révolte encore aujourd’hui Sarah, c’est qu’ils pensent souvent que c’était mieux avant. Comme s’ils niaient le potentiel de bonheur, d’originalité, de toute ce que Sarah peut vivre aujourd’hui. C’est comme si leurs souvenirs de jeunesse prenaient toute la place et que c’était impossible pour eux, de revivre quoi que ce soit de nouveau aujourd’hui.

Roland (80 ans), le grand-père de Sarah, la journaliste qui anime ce podcast, a été interviewé pour un documentaire Arte. Il disait qu’elle ne peut pas penser comme lui vu qu’elle n’a pas vécu ce que lui a connu.

La nostalgie c’est un sentiment qui fait voyager dans le temps. Parfois avec mélancolie et qui fait ressurgir des images, odeurs qui nous ramènent à la magie de notre vie d’avant (Définition de Nostalgie dans le livre : Dictionnaire des émotions, de Tiffany Watt Smith)

Tiffany Watt Smith, historienne de la culture, dans son dictionnaire des émotions. Elle indique que, à une époque, la nostalgie était une maladie mystérieuse qui frappait les soldats au front, rongés par le mal du pays, par le regret d’une époque douce et confortable, loin du champ de bataille. Certains pouvaient même se laisser mourir de désespoir.

La nostalgie, à quoi sert-elle ? Est ce juste un boulet que trainent les personnes âgées ?


1er exemple et témoignage du podcast :

Pauline, une jeune étudiante que pour elle, elle refoule sa nostalgie, elle ne se replonge pas dans ses souvenirs. Elle a envie d’aller de l’avant, envie de voir de quoi demain sera fait.

Pour expliquer ce qu’elle voulait dire par  » Refouler ma nostalgie », elle raconte un peu son enfance :

Pauline a vécu 7 ans en Bretagne. Elle avait un grand jardin immense, avec des jeux pour enfant, une haie avec un trou pour aller chez le voisin. Elle adorait ce jardin. Puis un jour Pauline a dû déménager vers Nantes, dans une maison avec un tout petit jardin, qu’elle n’a pas aimé du tout. Il n’y avait rien pour jouer, pour qu’elle puisse vivre sa vie d’enfant. Elle s’est rendu compte que c’était un cap dans son enfance, elle avait 10 ans, qu’elle allait rentrer au collège et que l’enfance c’était terminé. En même temps de déménager elle a aussi arrêté de jouer dans le jardin.

Pauline a vécu 7 ans en Bretagne. Elle avait un grand jardin immense, avec des jeux pour enfant, une haie avec un trou pour aller chez le voisin. Elle adorait ce jardin. Puis un jour Pauline a dû déménager vers Nantes, dans une maison avec un tout petit jardin, qu’elle n’a pas aimé du tout. Il n’y avait rien pour jouer, pour qu’elle puisse vivre sa vie d’enfant. Elle s’est rendu compte que c’était un cap dans son enfance, elle avait 10 ans, qu’elle allait rentrer au collège et que l’enfance c’était terminé. En même temps de déménager elle a aussi arrêté de jouer dans le jardin.

Bien que sa mère essayait d’embellir les choses (Ho regarde il y a un puits dans le jardin ! On dirait la maison d’ Harry Potter, etc), Pauline elle n’avait pas du tout le même avis (Un puits dans le jardin ça fait glauque). Pauline essayait se persuader que sa mère avait raison mais ça n’a pas vraiment marché. Pauline se rappelle qu’avec ce nouveau jardin, elle pensait passer un cap, qu’elle allait passer dans l’adolescence et qu’elle n’allait plus jouer dans le jardin.

Finalement non, elle a réussi à trouver ce jardin mieux que l’ancien, elle s’est adaptée à son expérience : elle a observé son chat qui avait trouvé un endroit sur un muret, elle s’est mise à faire pareil. Elle a construit une cabane, faire comme si ce jardin était grand et plein de surprise.

Pauline se dit qu’elle a tout intériorisé, qu’elle a trouvé grâce à son imaginaire, une nouvelle façon de voir ce jardin, et ne pas être nostalgique de cet ancien jardin.

Pour elle, la nostalgie nous impose des limites, qui fait que l’on n’arrive plus à être dans le présent. On vit dans ce qu’on a vu dans le passé sans voir toutes les opportunités que peut avoir le présent, donc le nouveau jardin 😉

Ce refus de la nostalgie de Pauline ne vient pas que d’elle :

Avec sa mère et sa sœur, Pauline est en fait obligée de déménager régulièrement dû au travail son père. À chaque déménagement, nouvelle école, amis, maison … À chaque déménagement, la maman de Pauline avait toujours cette posture de se dire : qu’il faut aller de l’avant, ne pas regarder en arrière. À chaque nouvelle ville par exemple, elle appelait ses filles par des nouveaux petits noms (toujours associés au nom de la ville). On change de nom, on change de vie …

Les grands-parents de Pauline vivent dans l’instant présent, ne sont pas nostalgique de leur enfance. Ils lui en parlent peu. Ils se disent que leur enfance est passée, qu’on ne doit plus y penser.

Chaque année, la maman de Pauline prend sa broyeuse à papier et détruit certains papiers. Ça lui permet d’effacer une partie de sa vie, et que ça lui permettait de respirer et d’aller de l’avant.

C’est comme une philosophie dans sa famille.

Pauline voit la vie comme pleine de petits blocs qui constituent une vie.

 » À chaque petit bloc, c’est des moments de plaisirs, de bonheur. Quand ça se termine, on passe à un nouveau bloc, mais c’est aussi de la joie, du bonheur … Ça veut pas dire que le bloc actuel est moins bien que le bloc d’avant. C’est plein de petits moments de plaisirs dans sa vie. Les blocs sont fermés, comme des boîtes à souvenirs qu’elle ne ré ouvre jamais.  »

Pour Pauline et sa famille, la nostalgie parait être un sentiment négatif. Cela signifie regretter le passé, le ressasser.

Je me suis sentie un peu triste en entendant ce témoignage. Comme si cette jeune fille écrasait tout ses anciens cartons. J’ai encore du mal à m’expliquer pourquoi.

Dans la société d’aujourd’hui, nous sommes davantage incités à aller de l’avant, à être tournée vers l’avenir, à sourire au futur.

La nostalgie est-elle toujours une énergie négative ?

Comme pour Sarah (l’auteure et journaliste de ce podcast), cela peut être l’inverse. Quand elle entend une musique, ça lui rappelle un bon souvenir, ça lui met  » la patate « . Exemple, quand Sarah était ado, elle s’est acheté un de ses premiers disques avec son argent de poche. C’est le tube  » Baby one more time  » de Britney Spears. À chaque fois qu’elle entend cette chanson, elle repense le moment où elle a acheté le CD : Elle chantait en yaourt la chanson à un vendeur (car elle ne savait pas encore bien parlé anglais je présume), qui a pu deviner la chanson et lui passer le CD. Du coup elle était super contente d’elle. C’est un bon souvenir.

Et s’il était possible de déclencher la nostalgie chez les gens, seulement en appuyant sur un bouton ? De leur apporter du plaisir rien qu’en les propulsant dans le passé ?

C’est le concept de la radio Nostalgie 😉

Comment fonctionne le concept de la radio Nostalgie ?

Pour cela Sarah, la journaliste, se rend au siège de cette Radio pour rencontrer Sébastien Prevost, responsable de la programmation musicale.

Associer la nostalgie à un sentiment positif est le concept même de la radio.

Quand on écoute Nostalgie et qu’on se rappelle les souvenirs. C’est quelque chose qui est hyper intense pour la personne. C’est pas du tout larmoyant. C’est une nostalgie positive, de bonne humeur, qui chante, qui danse et qui permet d’avoir la banane, qui rappelle des moments qui sont très dans l’affect : mon premier slow, mon premier baiser, …

L’auditeur moyen de radio Nostalgie à 50 ans. Dans le but de séduire cette cible, la radio confie à un bureau d’étude marketing le soin de provoquer une nostalgie positive chez les cinquantenaires, un sentiment qui doit donner envie aux auditeurs de rester sur leur fréquence.

Tout est finement calculé :

L’âge auquel les gens sont le plus sensible à la musique, c’est les 13-25 ans. Car avant l’enfant écoute les chansons des parents, et à partir de 13 ans c’est là qu’on commence à avoir ses propres gouts musicaux, à se détacher de ses parents et presque à faire l’inverse de ses parents, pour être un peu en rébellion par rapport à ça. Donc ils ont le tronçon 13 – 18 ans et ensuite les premiers émois, amours, les slows, qui sont super important en terme d’émotions, jusqu’au 25 ans, donc le moment où on se détache carrément de ses parents, quitte la maison, etc

Toute la musique qui a jalonné les 13 – 25 ans se rapporte à un événement qui peut être hyper affectif à un moment donné. Il y a donc une période de 10 à 12 ans de musique. La radio fait donc le calcul suivant : pour une personne ayant 50 ans aujourd’hui, quelles musiques passaient à ses 13 ans ? Là actuellement (en 2019 donc pour le podcast) pour cibler les personnes qui ont 50 ans aujourd’hui, ils prennent les années entre 1975 et 1995. Pour ne pas vieillir avec la cible, tous les ans, ils montent d’une année, afin d’être raccord avec les gens de 50 ans qui les écoute.

L’audimat ne fait qu’augmenter parait-il.
Ça marche plutôt bien pour eux apparemment.

La recette qu’utilise cette radio est un mécanisme bien connu des scientifiques. L’adolescence et le début de l’âge adulte = le pic de réminiscence.


Pascale Piolino est professeur de psychologie. Elle explique que ce pic de réminiscence, apparait vers 50 ans, quand on commence à avoir un souvenir moins précis de toutes les périodes de notre vie. Beaucoup d’études ont montré que ce pic correspond toujours aux souvenirs qu’on a vécus entre 15 et 30 ans.

Une des hypothèses qui expliqueraient ce pic c’est qu’on encode mieux les expériences à ces âges là. Sauf que c’est faux 🙂 Car on peut avoir sans problème des souvenirs précis, après 30 ans.

Seconde hypothèse c’est que durant cette période, on vit beaucoup de première fois, des expériences très saillantes : son premier job, son premier enfant, etc. On inscrirait donc profondément ces détails là dans notre cerveau.

Troisième hypothèse (liée à la seconde) : cette période est fondatrice pour notre sentiment d’identité. Ces premières expériences que l’on vit, viennent cristalliser le :  » qui je suis, qui j’ai envie d’être, qui je veux devenir… « . Exemple : Si je discute avec une personne qui ne me connaît pas, pour que celle-ci me connaisse mieux, je vais aller puiser dans les souvenirs de cette période là. En me remémorant ces souvenirs, à force de les répéter, je les consolide. Ces souvenirs restent donc bien encré dans ma tête.

Pour expliquer le pic de réminiscence , ce serait donc un mix entre l’hypothèse n°2 et n°3 :

  • D’un côté on vit beaucoup de premières fois et ça marque beaucoup l’esprit …
  • … si ça marque autant l’esprit c’est parce qu’on en fait souvent référence. On se les remémore tout le long de notre vie (pour se présenter, dire qui on est) parce qu’on s’identifie à elles, pour construire notre identité.

Faire appel à ces éléments fondateurs de notre passé c’est une technique utilisée en psychologie. On parle de thérapie de réminiscence.

Cette thérapie sert pour les patients atteints de la maladie type Alzheimer.

Au Danemark, il existe d’autres approches pour ces personnes. Là-bas, ils ne font pas référence directement à la nostalgie, mais ils plongent leurs patients dans le passé pour les aider à retrouver leur mémoire. En gros ils ont carrément reproduit un lieu avec mobiliers, techniques de peintures anciennes, objets particuliers, odeurs particulières des années 50. Apparemment cela a eu des effets très efficaces sur leurs mémoires.

Retrouver sa mémoire, c’est retrouver son identité

Un souvenir du passé peut être donc positif et aide à vivre le présent.

Dans l’émission, il y a toute une partie sur des soirées « souvenirs » Allemagne de l’Est. Je vous laisse écouter le podcast pour découvrir ce que cela évoque.

Dans ce cas là – de ces soirées « souvenirs  » – on parle d’Ostalgie.

Wikipedia nous dit que l’Ostalgie (die Ostalgie en allemand, depuis les mots Ost (Est) et Nostalgie) est un néologisme désignant la nostalgie de l’ancienne Allemagne de l’Est (RDA). Ce terme a par la suite été élargi aux autres pays de l’Est.

L’ostalgie est un sentiment très fort et ambivalent. Les personnes qui organisent et qui vont à ces soirées expliquent que ça les rapproche des uns et des autres. Ça crée du lien : ils écoutaient les mêmes chansons, utilisaient le même jargon, avaient les mêmes rêves de gamin (manger des bonbons Haribo – car c’était interdit à l’époque).

On retrouve l’idée du  » C’était mieux avant « .

Le terme ostalgie est avant tout un terme négatif employé par les Allemands de l’Ouest pour critiquer les Allemands de l’Est.

Ce souvenir ensemble du passé, revendiquer un passé commun, même si c’est lié à un pan de l’histoire compliquée ou ambivalente. Ça permet aussi de se créer une identité. Pour le cas de ces personnes qui cré et vont à ces soirées souvenirs, cela crée une sorte de génération. Une génération qui se soude autour de ces souvenirs communs. C’est l’un des aspects de la nostalgie qui fascine le plus notre journaliste 🙂

Tous les événements collectifs qu’on a pu vivre entre 15 et 30 ans, qui on été marqué par des événements publics, nous inscrivent dans une génération. C’est ce qu’on appelle l’effet cohorte.


L’effet cohorte = très fort pour solidifier une société. Une génération pense avoir vécu les mêmes expériences collectives autant qu’individuelle (mais avec pleins de points communs). Cet effet est générateur de lien au sein d’une société.

  • Lorsqu’un groupe de personne à le sentiment d’être unis, il fait bloc.
  • Partager la nostalgie d’une même période, donne le sentiment de partager une identité commune.

Pour comprendre cet aspect de la nostalgie, il faut sortir de la psychologie et changer de domaine de recherche.

Sarah est donc allée voir l’institut de science politique Paris-Nanterres, pour rencontrer sa directrice : Sarah Gensburger. Elle est spécialiste de la dynamique sociale de la mémoire. Elle explique que la nostalgie n’est pas du tout abordée comme les psychologues. Eux travaillent sur le cerveau, ils regardent la partie mémoire individuelle et où elle se situe dans le cerveau. Du point de vue de la sociologie, la mémoire n’existe pas, elle est relationnelle.

Les rapports, les références, les visions que l’on va avoir par rapport au passé, va dépendre de où on se trouve dans la société, avec qui on parle, quelle évolution on a eu dans notre position sociale, si on est qu’entre femmes ou qu’entre hommes, etc. Tout ça transforme notre rapport au passé à chaque fois, il n’y a pas une mémoire définitive qui serait dans notre cerveau, il y a une mémoire relationnelle qui est prise dans les dynamiques sociales.

Au sujet de la nostalgie, la même personne peut être très nostalgique dans un environnement social donné et avoir un rapport différent à ce même événement dans une autre situation. Cela permet de savoir que la nostalgie n’est pas quelque chose de figée. Cela permet aussi de comprendre en quoi la nostalgie est une expérience collective.

En politique, c’est une arme puissante. Le journal américain  » The Atlantic  » aborde ce sujet. Rappelez-vous de son slogan : Together we will make America great again (En français :  » Ensemble, nous rendrons l’Amérique belle à nouveau … un truc comme ça quoi  » ) . La clé de son discours est dans la répétition  » again « , qui signifie  » encore  » ou  » à nouveau « . C’est un slogan éminemment nostalgique.

Photo tirée d’un l’article France Info

Le journal se demande : mais au fait c’était quand l’âge d’or des États-Unis ?

Parmi les réponses : 60 % des Américains répondent que pour eux, l’âge d’or des États-Unis se situe quand ils avaient entre 15 et 30 ans, soit pil poil dans la période du pic de réminiscence 😉 Les réponses varient également en fonction de la couleur de peau, l’orientation politique, le niveau d’éducation, le genre … La formulation de Trump joue donc sur la nostalgie. Cette nostalgie d’un âge d’or qui n’est pas précisé et beaucoup y trouve leur compte.

Sarah Gensburger, analyse précisément cette notion âge d’or et sa pertinence en politique. Selon elle, cette notion d’âge d’or est problématique d’un point de vue historique , puisque dans n’importe quel moment de l’histoire, il y a des aspects trés négatifs et l’âge d’or n’est pas le même pour tout le monde. Il y a toujours des rapports de dominations, d’inégalités, de violence, quelle que soit la période. L’âge d’or ne peut pas être l’âge d’or pour tout le monde.

C’est quelque chose qui va faire un écho singulier auprès de gens en situation de déclassement. C’est-à-dire que, eux-mêmes – pas forcément qu’ils ont un passé qui pourrait identifier – mais ils ont une trajectoire de vie, où ils ont l’impression d’avoir perdu des choses. Par exemple un homme qui perd un statut social à l’époque où il travaillait dans une usine (on appelle ça une expérience en sociologie de déclassement), c’est une expérience personnelle qu’il peut partager avec d’autres. Ainsi, ils peuvent en parler tous les jours au café, dans les différents endroits où ils se trouvent, ce qui va en faire une expérience collective et qui va leur faire voir leur passé comme perdu, comme quelque chose de positif et de perdu.

Cette expérience sociale de déclassement qui va permettre de comprendre en quoi ils peuvent avoir un rapport nostalgique à cette Amérique perdue et qu’il s’agirait de trouver  » again  » ( = à nouveau). Cette expérience collective permet de comprendre en quoi ils peuvent adhérer à ce slogan. En revanche, cela ne veut pas dire qu’ils ont une vision précise d’un passé auquel on ferait référence quand on dit  » America great again « , ça veut dire que ça va permettre aux gens de revenir à un statut qui est plus positif pour eux.

Il y a aussi une partie raciste dans ce slogan :  » again  » = avant. On peut y comprendre qu’on va revenir à l’entre soi, que Trump propose de revenir à la période où ils n’ont pas à supporter cet affront d’avoir un président noir. Le mot  » again  » marche par que ce mot est polysémique (= qui a plusieurs sens), il permet à chacun d’y trouver son compte, et un compte qui peut être, pour beaucoup, quelque chose de négatif et rétrograde.

Cette analyse permet d’ouvrir une nouvelle perspective. Le recours à la nostalgie en politique, signifie un complet retournement. Cette émotion ancrée dans le passé, a donc une fonction dans le futur. Elle peut servir à influencer le futur.

Sarah Gensburger termine en disant que dans la nostalgie, il y a l’idée qu’on ne peut pas retrouver le temps perdu, donc ça mobilise cette idée de nostalgie proche du mythe pour mobiliser les gens aujourd’hui, pour les convaincre et leur faire faire aujourd’hui pour le futur, mais ça n’est pas de la pure nostalgie. Car la nostalgie c’est quelques-chose de révolu.


Notre journaliste, repense à ses grands-parents, quand ils lui racontent leur jeunesse, même s’ils le font maladroitement car elle se sent parfois écrasée par l’intensité de ce qu’ils ont vécu.

Notre journaliste, repense à ses grands-parents. Quand ils lui racontent leur jeunesse, même s’ils le font maladroitement, elle se sent parfois écrasée par l’intensité de ce qu’ils ont vécu, par la beauté de leurs souvenirs. Ils sortent du sentiment nostalgique. Ils choisissent de lui livrer leur passé pour que je l’utilise dans le futur.

Mes grands-parents me racontent leur passé pour que je puisse m’en servir dans le futur

Sarah-Lou Lepers

En lui racontant ce qu’ils ont fait pendant la seconde guerre mondiale, ils me confient une expérience importante de leur vie. Pour que je m’en serve comme si je l’avais vécu moi-même. Mon grand-père, m’a notamment confié son histoire de pilote d’avion durant cette guerre, quand il bombardait l’Allemagne pour la Royale Air-Force avec les alliés.

Dans le document d’Arte Radio où Roland (le grand-père de la journaliste qui fait cette émission : Émotions, que je suis en train de vous résumer) son grand-père disait qu’elle avait de la chance d’être jeune, d’être née longtemps après lui. Le fait même de raconter son passé, de faire confiance à la jeune génération pour qu’elle en fasse autre chose de ce passé, on peu dire que ça n’est pas de la nostalgie.

Le fait même d’être dans un axe explicite de transmission, c’est une façon de sortir de cette nostalgie.


En conclusion :

Cette acte de transmission c’est que n’a pas Pauline dans sa famille (Voir le premier témoignage au début de cet article). À l’inverse c’est justement cet acte de transmission que le grand-père de Sarah, en acceptant d’être le sujet de son document Arte. Il a accepté la nostalgie pour construire son futur. C’est ça la définition d’un héritage en somme.

La puissance de la nostalgie, c’est ce qui fait la force de notre société. C’est une des choses qui construit notre sentiment collectif.

Dans cette émission, Sarah indique qu’elle à 30 ans, elle réalise qu’elle quitte le pic de réminiscence. Tout ce qu’elle a vécu ces 15 dernières années, va prendre énormément de place dans sa mémoire, donc dans sa vie. Ce souvenir, elle va les raconter à ses amis, sa famille, ses enfants, petits enfants et ils influenceront son identité, ses goûts, opinions… Elle s’imagine qu’une fois plus âgée (je présume) elle pensera que les jeunes qui auront 20 ans en 2050 auront raté les meilleures années. Les meilleures années de son monde à elle, et elle fera de son mieux de ce qu’elle aura acquis de ses années d’expériences. C’est une pensée qui lui donne le vertige. Heureusement, une chose est sure, en 2050, la radio Nostalgie diffusera du Britney Spears.


Sources :

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