Nous nous battons toute notre vie, contre cela…

Cet article est la suite de l’article « La Gestalt Thérapie »

Continuons de découvrir ensemble ce qu’est la Gestalt thérapie. Quels sont les concepts cachés derrière cette thérapie ? Quels sont les mécanismes regardés par cette approche ? Contre quoi nous battons nous toute notre vie ? Voici une petite introduction d’après le livre  » Découvrir la Gestalt-thérapie  » de Martine Périou qui tente d’y répondre.


Les contraintes existentielles

Il existe des contraintes existentielles avec lesquelles nous nous battons toute notre vie. On essaie de négocier avec … Parfois ça marche, parfois aucune négo n’est possible, c’est relou.C’est Noël Salathé (psychothérapeute suisse) qui en parle dans son livre Psychothérapie existentielle : une perspective gestaltiste.

Avant de tous vous les présenter, il faut se rappeler que nous ne sommes pas tous égaux face à la gestion de ces contraintes existentielles de part :

  • notre éducation
  • nos capacités personnelles
  • nos conditions de vie
  • notre état physique ou psychologique …

… cet environnement va forcément amener des réponses différentes pour chacun.e d’entre nous.

Spoil Alert : Il n’y a pas de réponse toute faite pour les appréhender. Si ce n’est d’accepter leur réalité (la suite en conclusion de cet article), c’est relou ça aussi.


Liste des contraintes existentielles

La responsabilité

À chaque moment de notre vie, nous sommes face à des choix (importants ou mineurs) et nous devons en assumer la teneur et les conséquences.

Choisir c’est toujours laisser quelque chose de côté.

Choisir, c’est prendre le risque de se tromper.

Choisir quoi boire, choisir de s’engager dans une vie de couple … Quelque soit notre position sociale, nous partageons tous cette donnée existentielle de la responsabilité avec tout le pack complet qui va avec :

  • Interrogations
  • Satisfactions
  • Angoisses …

Plusieurs stratégies pour contourner la responsabilité :

  • Fuite
  • Restriction de liberté
  • Projeter la responsabilité sur quelqu’un d’autre
  • Déni …

Mais finalement, que nous fassions un choix ou non, cela impliquera toujours une prise de responsabilité et ses conséquences.

Le Gestalt thérapeute aide à repérer notre véritable besoin, à éviter la soumission à des choix qui ne nous conviennent pas, à repérer et à réduire la peur, la honte ou la culpabilité … bref à assumer notre vie

Le personnage de Chidi dans la série  » The good place  » est trés intéressant sur ce sujet. Même nos indécisions ont un poids sur les autres 😉

L’imperfection

Nous sommes tous différents (au cas où vous ne l’auriez toujours pas compris), avec différents types d’intelligences, avec des capacités, talents différents et tout ça en constante évolution en plus (c’est pas simple hein).

De part cette observation on peut se dire (dixit le livre de « Découvrir la Gestalt-thérapie » de Martine Périou) que nous sommes incomplets, imparfaits et nous tendons à combler cela.

Que ce soit des capacités physiques, intellectuelles, ou bien la réalisation de nos désirs : il est parfois difficile d’accepter le décalage entre nos aspirations et la réalité.

Ce constat peut être autant un moteur pour certains, qu’un blocage pour d’autres.

Accepter son imperfection induit d’avoir appris la frustration :

  •  » Je ne peux pas tout être »
  •  » Je ne peux pas tout vivre, ni tout avoir »

Parfois durant l’enfance, cet apprentissage ne se fait pas. Quand par exemple, l’entourage ne sait pas dire non ou au contraire quand il le dit systématiquement. Cette difficulté à accepter la frustration peut entraîner des sentiments de toute-puissance ou de dévalorisation et compliquer considérablement le relation avec les autres et avec la vie.

Ne craignez pas d’atteindre la perfection, vous n’y arriverez jamais

Salvador Dali

Accepter l’imperfection ne signifie pas s’arrêter d’évoluer mais valider l’instant de vie tel qu’il se présente pour poursuivre notre chemin d’évolution. Eckart Tolle en parle vachement bien dans son livre sur l’instant présent.

Sur quoi voulons-nous mettre l’accent :

Sur la beauté du chemin à parcourir pour atteindre notre but, ou sur le poids du but qui n’est pas encore atteint ?

Le Gestalt thérapeute, travaille avec les ressources intérieures de la personne, afin qu’elle s’ajuste à la dimension imparfaite de sa vie.

  • Soit il s’agira de débloquer ou d’enrichir les potentialités d’une personne, de l‘aider à se valoriser
  • Soit le Gestalt thérapeute aidera la personne à valider ses propres besoins et aussi à accepter les limites et ce qui ne peut pas être modifié
Le personnage de Charlotte dans « La princesse et la grenouille » de Disney est intéressante à ce titre : elle cherche à tout prix un prince pour vivre une vie de princesse

La finitude

Tout doit finir un jour, qu’on le veuille ou non. Nos possessions, nos attachements, nous-mêmes sommes voués à disparaitre. Cela évoque la mort, mais concene aussi :

  • Une séparation
  • Un deuil
  • Une perte d’emploi ..

.. Tout ce qui nous renvoie à une fin, à une disparition.

Certains vons refuser, vont le vivre comme une contrainte douloureuse menant à une angoisse voir de la violence :

  • Dépression
  • Fuite en avant
  • Prise de risque
  • Toxicomanie
  • Suicide

D’autres arrivent à négocier et acceptent le caractère limité de toute chose, et en profitant d’autant mieux de chaque instant de la vie.

Extrait du livre de Laura Perls (une des fondatrices de la Gestalt thérapie) « Vivre à la frontière » :

La véritable créativité, d’après mon expérience, est inextricablement liée à la consciente de la mort inévitable. Plus cette conscience est vive, plus grand sera le besoin de créer quelque chose de nouveau, de participer à l’infinie créativité de la nature. C’est ce qui fait que la sexualité a donné naissance à l’amour, les tribus à la société, le grain et les fruits au pain et au vin, et les sons à la musique. C’est ce qui rend la vie vivable et j’ajouterai, la thérapie possible.

Dans le cas d’une Gestalt thérapie, l’accent est porté sur le fait qu’il y a autant de réponses que d’individus (tiens donc …). Chacun a ses ressources pour faire face à la séparation et à la perte. Nous pouvons apprendre à rester vivant et créatif quand nous vivons le plus juste pour nous-même face à la réalité de la finitude.


La solitude

Où que nous vivions, quoi que nous fassions, aussi entourés que nous le soyons, fondamentalement nous sommes seuls.

(…) La solitude peut être une souffrance profonde pour certains. On le vie mal quand :

  • Cela parle d’isolement et de rupture de lien
  • Quand cela exprime une difficulté à vivre sa propre solitude avec soi-même.

L’autrice évoque son expérience auprès d’adolescents en difficultés. Selon elle, la société actuelle génère une coupure avec soi-même et les autres ( avoir toujours un fond sonore chez soi, dans les transports… ). Cette difficulté à supporter des moments de solitude et à se sentir bien en sa propre compagnie fait naitre l’ennui, l’angoisse et la dépendance.

La Gestalt thérapie aide à dépasser l’inhibition dans la rencontre avec les autres et à élargir ses capacités relationnelles. Elle intervient aussi pour favoriser l’acceptation de soi et trouver en soi suffisamment de bien-être pour ne pas être un affamé de la relation.


La quête de sens

Pour cette partie je suis allée piocher dans le livre « Comprendre et pratiquer la Gestalt-thérapie » de Chantal Masquelier-Savatier.

De tout temps l’Hommes a eu besoin de donner un sens à sa présence au monde. Cette interrogation ouvre sur deux ensembles de réponses :

  • La vie a un sens : depuis des millénaires, philosophies, religions et sciences rivalisent pour donner des explications à l’existence. (…) À une époque de crises des valeurs, l’attrait pour les philosophies orientales et l’engouement pour les diverses psychothérapies vient combler un vide. Les « médecins de l’âme » que sont les psys, se substituent aux religieux d’autrefois. La quête de sens trouve une réponse dans une forme de spiritualité laïque.

  • La vie est absurde : dans cet univers totalement imprévisible et incompréhensible, la quête de sens apparaît inutile et vaine. (…)
    • Camus nous parle de  » l’absurde condition humaine » qui nous conduit vers le nihilisme (= Idéologie qui rejette toute croyance ; qui refuse toute contrainte sociale.)
    • Sartre insiste de son côté sur la contingence des choses du monde : naissance et mort sont aléatoires. Il suggère de renoncer à chercher une signification ce qui rend notre position incertaine et inconfortable.

Si le sens de l’existence n’est ni inné ni donné, il appartient à l’homme de le construire.

(…) La perte de sens est le principal facteur d’anxiété, à l’origine de crises existentielles dommageables. Cela fait lien avec la philosophie de Jung (un article sera dédié à ce sujet) : l’absence de sens dans la vie joue un rôle crucial dans l’étiologie de la névrose.

Étiologie = Étude des causes des maladies / Ensemble des causes d’une maladie

Névrose = trouble psychique dans lequel le sujet est conscient de sa souffrance psychique et s’en plaint.

Quel que soit notre destin, nos aspirations, nos accomplissements et nos échecs, il nous appartient de trouver notre place et le sens de notre existence. Ce qui signifie avoir le courage de regarder en soi et d’interroger sa propre vie (encore relou et difficile). Cette dimension n’est pas valorisée par la société qui pousse davantage à la superficialité, à la consommation … Plutôt qu’à l’introspection, la fraternité …

Il appartient au thérapeute d’aider chacun à trouver son sens personnel de la vie et de lui permettre de s’appuyer sur cette fondation pour poursuivre son but et son existence.


Pour terminer

La responsabilité est le corollaire (=proposition dérivant immédiatement d’une autre) de la liberté.

Le terme de responsabilité renvoie à la manière dont je conduis ma vie, dont je prends mes décisions. Tout choix est angoissant car il implique le renoncement. Nous sommes confrontés aux autres contraintes existentielles :

  • L’imperfection car tout n’est pas possible
  • La finitude car nous perdons une possibilité
  • La solitude car nous sommes seul à décider

L’angoisse du choix s’associe à un sentiment de culpabilité.

Il existe la culpabilité névrotique = On s’imagine une transgression envers l’extérieur. Elle fonctionne comme un reproche que l’on se fait, à propos du tort que l’on pense avoir commis à l’encontre d’autrui oud es règles sociales.

Il y a également la culpabilité existentielle = qui ne concerne pas l’extérieur mais la personne elle-même. On se culpabilise de ce qu’on n’a pas fait, pas réalisé, de notre manque à être : « Ah, si j’avais su ! … J’aurais dû … ». Nous nous sentons coupable de la vie non utilisée, de la vie non vécue en nous.

Ces questions de liberté, de responsabilité et de culpabilité sont au cœur de la démarche thérapeutique. Les personnes faisant une démarche de Gestalt thérapie sont dans ce contexte : privés de leurs capacités de choix et de création.

Un premier objectif sera d’identifier les affects et les besoins

La seconde approche sera de restaurer les capacités de choix

La difficulté étant de mettre en évidence toutes les manœuvres d’évitement du patient, qui peut se sentir comme un petit enfant irresponsable, se décourager à l’avance de tout engagement, ou se déresponsabiliser sur autrui, grâce à des projections multiples « c’est pas de ma faute, c’est untel ».

Le thérapeute accompagne la personne dans la reconnaissance de son ressenti et donne de la place à sa souffrance en autorisant l’éprouvé.


Je tiens à vous rappeler que cet article et ce blog en général me sert de notes et supports de cours de formation. Toutes les informations issues de cet articles proviennent des livres cités, tout le mérite revient aux auteurs.

Si vous voulez en savoir plus continuez de visiter régulièrement ce blog et n’hésitez pas à partager vos questions, avis et ressentis 🙂

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